Opération séduction pour les entrepreneurs genevois

Économie
La CCIG lance une campagne pour valoriser les entreprises genevoises. Elle prend place
dans un environnement économique sinistré.

Emilien Ghidoni

10.07.2020 – La Tribune de Genève

Ce jeudi, la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève a lancé une campagne de communication intitulée «Nos entre- prises, notre avenir». L’objectif ? Souligner l’importance des entreprises dans le tissu économique genevois, en faisant témoigner des dirigeants de sociétés de toute taille.

Fondée en 1865, la CCIG a pour but de défendre les intérêts des commerces du canton. Association de droit privé, elle réunit plus de 2400 compagnies membres et réalise un chiffre d’affaires de 5 mil- lions de francs.

«L’entrepreneuriat n’est pas un gros mais un grand mot.» La présidente Laurence de la Serne résume bien le but de la démarche. «Aujourd’hui, les entrepreneurs sont des acteurs incontournables et nécessaires à la prospérité économique. Nous voulons rendre hommage à ceux qui se battent pour survivre en ces temps difficiles.»

Rôle pédagogique

Au-delà de son rôle publicitaire, l’initiative se veut aussi pédagogique. Le directeur de la CCIG, Vincent Subilia, explique ce choix: «Ce qui me frappe, c’est que le grand public n’a qu’une connaissance limitée du monde de l’entrepreneuriat. Le but est de rendre le quotidien des entrepreneurs compréhensible. C’est pourquoi nous voulons parer le canton de leurs témoignages.»

Pour faire entendre la voix des chefs d’entreprise, la CCIG s’est dotée d’un plan publicitaire important. Des portraits souriants de ceux-ci sillonneront la ville à bord des transports publics dès le 15 juillet. À cela s’ajoutent des annonces dans la presse et des vidéos donnant la parole aux patrons des firmes participantes. Le coût total du projet s’élève à 50’000 francs.

En revanche, le nombre d’adhérents à la campagne reste flou. Si la CCIG annonce quatre portraits différents pour l’affichage publicitaire dans les TPG, la quantité d’entrepreneurs qui apparaîtront dans les vidéos diffusées sur internet est inconnue.

Licenciements

Le lancement de cette campagne en pleine période de récession économique n’a rien d’anodin. Après le semi-confinement, les entreprises du canton sont aux abois. Vincent Subilia dresse un portrait sombre de la situation: «Aujourd’hui, la seule certitude est l’incertitude. Il est difficile de savoir quelles entreprises vont fermer.» Si certains secteurs comme la finance s’en sortent bien, d’autres ont vu leur budget basculer dans le rouge. «On s’attend à des licenciements conséquents dans le secteur de l’accueil et de l’événementiel», complète le directeur.

Avec son projet, la CCIG veut in- verser la tendance. En soignant l’image des chefs d’entreprise, elle veut faire reprendre le chemin de la consommation aux Genevois. «Tous les soirs, nous applaudissions le personnel soignant, rappelle Vincent Subilia. Aujourd’hui, il serait beau d’imaginer qu’on applaudisse aussi nos entrepreneurs.»

Pour lui, ce sont eux qui sont désormais en première ligne. Il s’agit pour la Chambre de les accompagner dans cette période difficile.